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Pour mieux comprendre ce qu'est la BIA-TOGO, il convient de revenir quelques années en arrière.

La BIA-TOGO trouve son origine au travers de la Banque du Sénégal, banque créée par décret impérial de Napoléon III le 21-12-1853 au capital de 230.000 F divisé en actions de 500 F. La répartition du capital entre les actionnaires a été fonction de l'importance des esclaves possédés ou cédés. Le plus gros actionnaire fut la Maison MAUREL (73%) suivi des Maisons TEISSEIRE BEYNIS et CASTAGNE toutes d'origine bordelaise. Son siège fut fixé à St Louis du Sénégal.

Le développement de la Banque du Sénégal se heurta, d'une part aux habitudes commerciales basées sur le troc ou les ventes au comptant, d'autre part aux signes monétaires traditionnels (cauri, barre de fer, barre de sel, guinée) ralentissant l'utilisation des billets de banque.

Son activité se situe essentiellement au Sénégal où elle ouvrit des agences à Gorée (1867), à Dakar (1875), à Rufisque (1899). Elle participe an 1883 au financement de la construction du chemin de fer de Dakar – St Louis réalisé par la Société de construction des Batignolles.

Le 25-02-1901, la Banque du Sénégal fut dissoute et transformée en Banque de L'Afrique Occidentale « BAO ».

La BAO dont le siège est à Paris fut constituée le 26-09-1901 et présidée par Monsieur MAUREL. Son capital est de 1.500.000 F.

Cette banque joue le rôle de banque d'émission, de prêt et d'escompte, comme la Banque de l'Indochine.

Elle développe rapidement ses implantations: en côte d'Ivoire (1908 et 1911), Douala en 1921, Lomé, le 01 Août 1922 (à noter qu'au Togo, la Banque éprouve des difficultés pour passer du régime de la Livre Sterling à celui du franc en raison de la pénurie de monnaie divisionnaire), Bamako (en 1925), Kaolack, Brazzaville et Port Gentil (1928).

L'activité de la BAO se voit freinée entre 1930 et 1934 suite à la crise de 1930.

En 1939, la BAO acquiert un immeuble à Paris, Avenue de Messine.

La période 1939-1945 est marquée par la guerre et ses conséquences et notamment pour la BAO, l'arrivée en Afrique Noire de la BNCI, du Crédit Lyonnais et de la Société Générale.

La BAO ouvre à Marseille et Bordeaux (zone libre).

Au lendemain de la guerre, événement majeur au plan monétaire avec la création du franc CFA dont la parité est fixée à 100 FCFA pour 170 F métropolitains.

Le processus des implantations reprend en 1946 avec l'ouverture de Bangui.

L'année 1947 est marquée par le lancement de grands travaux: pont sur le Niger à Bamako, construction de l'hôtel de NGOR, aéroport de Lomé, cimetière de Dakar.

Le 17 Octobre 1948, la parité du CFA est modifiée et passe de 170 F à 200 F métropolitains pour 100 FCFA.

Le 29 juin 1951, la BAO fête son cinquantenaire au lendemain de l'inauguration du port d'Abidjan.

Période de développement des industries extractives en Afrique (fer, bauxite en Guinée, manganèse au Gabon), des produits (café, cacao, bois en Côte d'ivoire et au Cameroun), des ports (Douala, Pointe Noire) et du chemin de fer.

A l'époque 75% des échanges du bloc « Afrique tropicale » se font avec la Font avec la France mais seul le Togo a une balance positive.

En 1953, les études déterminent l'importance du gisement de phosphate d'ANEHO au Togo.

En 1955, la BAO perd le privilège de la banque d'émission qu'elle avait depuis 1929 au profit de l'Institut d'Emission de l'Afrique Occidentale Française et du Togo. De ce fait, l'Etat se retire de la BAO et est remplacé par le CCF, la Compagnie Algérienne de Crédit et de Banque, la Banque Belge d'Afrique, l'Union Européenne Industrielle et Financière, Rotschild Frères (représenté par Georges POMPIDOU), le CNEP.

Les années 1960 et 1961 furent marquées par l'accession à l'indépendance consécutivement au référendum du 28 Septembre 1958.

La Guinée crée le Franc Guinéen et la BAO demeure banque privée exerçant dans cet Etat.

Le 12 mai 1962, création de la BCEAO. A noter que le Togo qui n'adhère pas à l'UMOA ne rejoindra l'Union que quelques années plus tard.

Le 01 avril 1965, la BAO devient la BIAO suite à un rapprochement avec la FNCB et un protocole signé à New York le 14 mai 1964.

La BIAO s'installe en 1968 à Parakou, Atakpamé et Rosso.

L'année 1973 voit naître le processus de filialisation du réseau suite à l'obligation de créer des sociétés de droit local participant au capital de l'Etat.

En parallèles, le gouvernement togolais décide de prendre le contrôle de l'industrie minière c'est-à-dire la Compagnie privée Togolaise des Mines du Bénin. La production de phosphate atteint 2,5 millions de tonnes de minerai.

Le 28 février 1975, signature de la Convention de Lomé entre les 9 pays de la CEE et 46 pays ACP.

En 1977, modification du capital avec l'UBS et de Banco do Brasil suite au départ de FNCB.

Ouverture à Londres de BFCI.

Fin 1979, construction d'un nouveau siège à Lomé.

L'Agence de Lomé est filialisée en 1981.

Au 31-12-1981, La BIAO Compte un Effectif de 6.885 personnes et plus de 180 implantations dans 19 pays dont 5 en Europe. Son bilan consolidé atteint 18 Milliards de FF. Le réseau est entièrement filialisé.

Jusqu'en 1989, la politique de développement et de modernisation de la Banque se poursuit avec notamment la création de filiales techniques, la modernisation ou reconstruction de siège en Afrique.

Cependant, le marasme économique qui commence à frapper certains économies africaines dû notamment à la chute des cours, contrarie les résultats globaux de la BIAO.

La BIAO dès les années 84 avait cherché à diversifier ses activités en développant notamment ses interventions vers les pays de l'Est et l'Amérique latine. Ceci se fit avec des succès divers. Dans le même temps, les risques pris par certaines filiales africaines, Cameroun et Côte d'Ivoire notamment conduisent à des tensions avec la Maison mère.

En 1989 la Banque de France dans un souci d'assainissement du portefeuille des banques françaises obliges celles-ci à provisionner à hauteur de 40% au moins leurs engagements sur les pays dit « à risques » : Afrique, Amérique Latine, Europe de l'Est.

Compte tenu de la teneur du portefeuille BIAO et de sa répartition géographique, les conséquences de cette mesure furent importantes et conduisent à l'éclatement de l'actionnariat de la BIAO.

En effet, les provisions exigées (environ 700 M de FF) supposaient une dotation dont le montant obligeait les actionnaires à remettre des fonds de ce que ni UBS, ni BNP, ni Banco do Bresil ne souhaitaient faire.

La banque fut mise en liquidation amiable.

Divers groupes financiers se montrèrent intéressés. Du côté français, on parle un moment du CIC, du CCF, du Crédit Agricole, sans suite. De l'étranger, le Standard of South Africa fit une proposition que les autorités politiques de l'époque tant française qu'africaine n'encouragèrent pas.

En fin de compte, ce fut le groupe MERIDIEN, dirigé par Andrew SARDANIS qui racheta une partie des filiales africaines : 12 sur 18 et la filiale allemande HAB.

Les autres filiales bancaires et techniques installées en Europe furent dispersées entre divers repreneurs ou liquidées.

Le groupe SARDANIS racheta les 12 filiales pour 25 M de FF.

La filiale du TOGO faisait partie de celles-ci.

L'aventure avec le groupe MERIDIEN dura 4 ans. Pendant cette période, les banques du réseau ex-BIAO ajoutées à celle du réseau anglophone MERIDIEN constituèrent le tissu bancaire le plus dense de l'Afrique.

Toutefois, ce groupe n'avait pas les moyens de sa politique et rapidement il s'essouffla.

En 1994, les banques centrales BCEAO et BEAC exigèrent le rapatriement de fonds placés chez MIBL, banque installée à Nassau aux Bahamas. Celle-ci ne

Peut s'exécuter et demanda des délais qui lui furent accordés. N'étant pas en mesure de s'exécuter à la date prévue, les difficultés commencèrent pour la plupart des filiales qui virent les dépôts des clients se volatiliser et partant se trouvèrent confrontés à des graves problèmes de trésorerie.

Les filiales de la zone BEAC furent mises en mai 1995 sous administration provisoire.

La MIBL fut déclarée en liquidation en juin 1995.

REPRISE PAR LA BANQUE BELGOLAISE
La Banque Belgolaise, filiale de GENERALE de BANQUES Belgique, dont le siège est à Bruxelles exerce son activité en Afrique depuis 1909 sous le nom de Banque du Congo Belge. En 1911, elle obtient pour le Congo Belge le privilège d'émission qu'elle exercera jusqu'en 1951.

En 1951, elle ouvre un siège à Londres et une succursale à Anvers en 1919.

Aujourd'hui, elle est installée dans 17 pays d'Afrique (AA francophones et anglophones) et 3 pays européens.

Total du bilan 1996 76.073M de BEF

Capitaux propres en 1996 4.058M de BEF

Bénéfice net 551M de BEF

Dans le cadre de son développement géographique en Afrique, BELGOLAISE s'est intéressée à certaines filiales du réseau ex-MERIDIEN6BIAO et déposa auprès des autorités concernées une offre de reprise en main 1995.

Concernant plus particulièrement le Togo, un protocole d'accord fixant les conditions de reprise a été signé entre l'Etat et la BELGOLAISE en Septembre 1995. Les formalités définitives de reprises ont été finalisées en Avril 1996.

La filiale Togolaise s'appelle BIA-TOGO. Elle dispose d'un capital de 3.500M de FCFA, un effectif de 114 personnes ; Elle est installée à Lomé (Siège, Agence principale + 3 bureaux), Atakpamé et Kara. Son total de bilan est à ce jour de 39 Milliard de FCFA.

En 1998, la BIA-TOGO a enregistré une amélioration de ses résultats confirmant ainsi la reprise des activités observée au cours du dernier semestre de l'exercice précédent.

Cette performance qui s'est faite sentir au niveau des principaux centres de profits de la Banque (Opérations et Crédit) est due à la politique de maîtrise des frais généraux appliquée par la direction Générale.

En A999, pour satisfaire aux exigences de la Réglementation Bancaire de l'UEMOA, un montant de provisions supérieur à 2.500 Millions FCCFA a dû être constitué. Il s'en est suivi une perte comptable de 1632 Millions de FCFA.

Une augmentation de capital en numéraire a été réalisée en début de l'an 2000 pour un montant de 1.500.000.000, portant ainsi le capital social de la Banque à 5 Milliards de FCFA.

En 2001, la BELGOLAISE devient actionnaire majoritaire avec 57,54 % du capital social.